Podcast 395 : toute l’actualité automobile de la semaine

Marché automobile : l’électrique atteint 42 % des ventes françaises
Une hausse de 11,6 % en septembre donne au marché français un air de reprise. Mais le chiffre le plus parlant se trouve ailleurs : les voitures électriques représentent désormais 42 % des ventes, presque à égalité avec les hybrides, à 43 %. La crise des carburants et le leasing social contribuent à ce mouvement, en rendant l’électrique plus accessible aux particuliers. Les entreprises, elles, avancent avec davantage de prudence, comme un conducteur qui attend de voir si le brouillard se lève avant de quitter le parking.
Le Tesla Model Y prend la tête des ventes du mois, devant la Peugeot 208. Tesla dépasse les 9 000 immatriculations et devance ainsi Toyota ou Volkswagen sur cette période. Renault profite de l’intérêt suscité par la R5, la Twingo et le Scénic, tandis que Dacia recule et que BYD se hisse à la onzième place. Ces résultats illustrent une compétition où la nouveauté, le prix et la disponibilité pèsent parfois autant que la fidélité à un badge.
Des écarts entre voitures et utilitaires
Le tableau n’est pourtant pas uniformément électrique. Dans les utilitaires, le diesel conserve 92 % des ventes, rappel utile que l’automobile ne se résume pas aux voitures particulières qui brillent dans les vitrines. Pour une entreprise, l’autonomie, la charge utile et le temps passé à l’arrêt relèvent de l’organisation quotidienne, pas d’un débat abstrait sur les motorisations.
À l’échelle européenne, le marché progresse de 5,3 % en août, tandis que les ventes électriques bondissent de 52 %. Les motorisations essence et diesel reculent de plus de 23 %. Les marques chinoises atteignent 11,3 % de part de marché, contre 7,1 % un an auparavant, portées notamment par BYD, Chery et Leapmotor. Pour suivre les épisodes précédents de cette actualité, le récapitulatif de l’épisode 394 offre un point de comparaison intéressant.

Geely et Nio : l’échange de batteries change d’échelle
Dans l’industrie automobile, certaines alliances ressemblent à des mariages de raison, avec davantage de prises électriques que de fleurs. Geely prend 30 % de Nio Power, la branche de Nio consacrée à l’échange de batteries, dans une opération évaluée à deux milliards d’euros. La contribution en numéraire de Geely se limite à 84 millions ; une part importante de l’accord repose sur l’apport de son propre réseau d’échange.
Nio dispose d’environ 4 000 stations et vise 10 000 installations d’ici 2030. Le principe consiste à remplacer une batterie déchargée par une batterie chargée, plutôt que d’attendre devant une borne. Si les réseaux des deux groupes deviennent compatibles, les stations pourraient servir plusieurs marques. L’intérêt est évident : une infrastructure utilisée par davantage de conducteurs a plus de chances d’être rentable qu’un équipement qui attend patiemment un client comme un guichet fermé un dimanche.
La course aux mégawatts et aux stations
Geely annonce un chargeur capable de délivrer 2,25 mégawatts par un seul connecteur et promet un passage de 10 à 70 % en quatre minutes et demie. BYD avance de son côté un temps de neuf minutes pour passer de 10 à 97 %. La comparaison avec les 15 à 25 minutes annoncées pour une recharge Tesla de 10 à 80 % montre la vitesse des progrès, même si les conditions de test et les véhicules concernés comptent beaucoup.
Geely reconnaît toutefois que les limites techniques se rapprochent. La bataille se déplace donc vers la couverture du territoire : BYD vise 90 000 stations d’ici 2028 et prévoit 300 installations au Royaume-Uni dès l’an prochain. La puissance impressionne, mais une borne très rapide située à plusieurs centaines de kilomètres n’est encore qu’une belle idée sur une carte. Pour les conducteurs, la vraie avancée sera une recharge performante et disponible sur leur trajet habituel.
Voitures électriques de prestige : Bentley électrifie sans renier son style
Le Bentley Torcal, premier modèle entièrement électrique de la marque, démarre à 173 000 livres et prend la forme d’un SUV. Bentley a consacré 350 millions de livres à son usine de Crewe pour préparer sa production. À ce niveau de prix, le mot « entrée de gamme » prend un sens tout à fait particulier : il s’agit surtout de l’entrée dans une demeure où les tapis sont épais et les factures aussi.
La marque cherche à préserver les signes qui font son identité, tout en changeant de mécanique. Pour l’ambiance sonore, elle recrée le caractère d’un V8 à l’aide de timbales d’orchestre. L’idée peut sembler singulière, mais le son d’une voiture de luxe n’est pas uniquement une conséquence mécanique ; il participe à une expérience soigneusement mise en scène. Le fait qu’environ la moitié des clients intéressés soient nouveaux pour Bentley suggère que l’électrification peut aussi élargir le public de la maison.
Une transition qui ne convainc pas tous les constructeurs
Le contraste est net avec Lamborghini, qui repousse son projet électrique, et McLaren, qui n’en prévoit pas pour l’instant. Il n’existe donc pas de calendrier unique pour les constructeurs de prestige. Certains misent sur l’autonomie silencieuse et les accélérations immédiates ; d’autres estiment que leur clientèle reste attachée au moteur thermique, à ses vibrations et à son cérémonial.
Ces choix dépassent la seule question des performances. Ils touchent à la manière dont une marque raconte son histoire, depuis le bruit d’un V8 jusqu’à la qualité d’un habitacle. Dans ce domaine, l’innovation ne consiste pas forcément à effacer le passé, mais à décider quels éléments méritent d’être conservés. Bentley semble avoir conclu que même une voiture sans moteur thermique peut avoir besoin d’un peu de théâtre.
Nouveautés Alpine A110 et Opel STX : deux visions du design automobile
La future Alpine A110 reposera sur la plateforme électrique APP, mais sa présentation s’est faite avec une discrétion presque théâtrale : une sculpture recouverte d’un voile bleu. Alpine évoque le Concorde franchissant le mur du son, référence élégante à une époque où la vitesse se racontait aussi par des lignes et des silhouettes. Sous le tissu, la marque annonce des signes familiers : nez de requin, face avant en V et double signature lumineuse.
La voiture devrait être plus longue et plus lourde que l’A110 actuelle, avec une masse estimée autour de 1 300 kilos. Cette évolution pose une question centrale pour une sportive : comment préserver l’agilité quand la batterie ajoute du poids ? La réponse ne dépendra pas seulement de la puissance, mais aussi de la répartition des masses, du châssis et du travail sur les suspensions. Une fiche technique peut donner des chiffres ; seuls les essais diront si la voiture conserve cette légèreté d’esprit que son nom promet.
Opel remet le break sur la table
Le concept Opel STX, pour Sports Tourer eXperimental, s’intéresse à l’avenir du break. Son Vizor évolue avec de fines barrettes lumineuses inclinées et un logo éclairé, tandis que l’aérodynamique est pensée pour les autoroutes allemandes. Le détail a son importance : à vitesse soutenue, réduire la résistance à l’air peut améliorer l’efficacité sans demander au conducteur de transformer chaque trajet en exercice de patience.
Reste à savoir si le STX donnera naissance à un véritable break ou à un crossover habillé pour l’occasion. Le Mondial de Paris, prévu du 12 au 18 octobre, doit apporter des précisions. Le sujet mérite attention, car les carrosseries familiales ont longtemps concilié espace et tenue de route sans réclamer une garde au sol de petit bateau. Les actualités de l’épisode 393 replacent ces nouveautés dans le fil des annonces récentes.
Sport automobile : Russell triomphe à Bakou, Alpine échappe à Fuji
À Bakou, George Russell signe un Grand Chelem : pole position, victoire, course menée de bout en bout et meilleur tour. La marge à l’arrivée reste pourtant infime, avec seulement 0,196 seconde devant Max Verstappen. Isack Hadjar complète le podium. Une domination statistique peut donc tenir à presque rien, ce qui rappelle que la Formule 1 est parfois un jeu d’échecs disputé à très grande vitesse, avec des pneus qui coûtent cher.
McLaren connaît une course beaucoup moins réjouissante. Lando Norris abandonne après l’accrochage impliquant les deux Alpine, tandis qu’Oscar Piastri bloque ses roues et termine quatorzième. Le résultat souligne le rôle décisif de la gestion du risque sur un circuit urbain : les murs ne se déplacent pas pour faire de la place aux ambitions. La prochaine manche doit se tenir en Malaisie, en remplacement de Bahreïn.
Fuji : le pari stratégique de Toyota
En endurance, les deux Alpine partent de la première ligne et occupent encore les avant-postes en fin d’épreuve. Une voiture de sécurité intervient à moins d’une heure de l’arrivée ; Toyota et BMW choisissent de miser sur une neutralisation prolongée et ne remettent pas d’énergie, tandis qu’Alpine s’arrête. Le pari de Toyota paie : la numéro 8 remporte la course devant l’Alpine numéro 36.
Toyota compte désormais 23 points d’avance au championnat, à deux manches de la fin. Alpine quitte le WEC, même si ses voitures pourraient continuer sous le nom de Geely. Cette perspective donne un écho particulier au rapprochement industriel évoqué plus tôt : dans l’automobile, les alliances techniques peuvent prolonger une présence sportive au-delà d’un changement de bannière.
Une Porsche 944 transformée en break de chasse
Le détour par les années 1980 ramène une idée de Günter Artz, qui transformait des Porsche 924 en breaks de chasse. Andreas Freund, fondateur de Carpoint, reprend aujourd’hui cette recette sur une 944 S2. À partir du montant central, le pavillon, les ailes et les vitres sont retravaillés, et le seuil de chargement est abaissé.
La transformation coûte 100 000 euros, sans compter la voiture de base. Ce n’est donc pas la solution la plus raisonnable pour transporter des meubles, mais la raison n’a jamais été le seul moteur des créations automobiles. Une 944 break rappelle qu’une carrosserie peut être pratique sans renoncer à l’étrangeté, qualité trop souvent sacrifiée au nom du bon sens.



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